Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Celibataire sans enfant (Partie 5)

Publié le par Akhi_Biggii

N’eut été l’alcool qu’elle avait consommé, Reine n’aurait pas pu fermer l’œil de la nuit. Comment aurait-elle pu s’endormir avec cette boule qu’elle avait dans le cœur ? Elle revoit encore le visage d’Ibrahim en train de lui dire tous ces mots durs. Ce n’était pas l’Ibrahim qu’elle connaissait. Mais elle ne pouvait lui en vouloir, elle aurait réagi de la même manière. Elle avait tenté de l’appeler en vain mais Roland lui avait conseillé de laisser tomber et d’attendre le lendemain pour réessayer. C’est lui qui l’avait raccompagné. Il l’avait rassuré en disant qu’Ibrahim allait changer d’avis, il fallait juste lui laisser du temps. Contrairement à ce qu’Ibrahim pensait, Roland ne l’avait pas trahi, tout était de sa faute. Ce matin là, elle avait un terrible mal de tête. Mais il fallait qu’elle le voie, l’appel ne suffira pas. Elle se leva et décida de préparer son plat préféré. Elle avait appris à le cuisiner quand elle sut que c’était son préféré. Elle voulait lui faire la surprise et là, le moment était bien choisi. Elle s’appliqua et quelques heures plus tard, elle sortit de son appartement et s’engouffra dans un taxi.

« Chauffeur, Quartier Koraman s’il vous plait »

Elle repassait tout ce qu’elle allait lui dire dans sa tête. Elle avait préparé un véritable speech. Elle tenait trop à lui pour laisser cet incident avoir raison de ce qu’ils avaient construit. Qu’adviendrait-il alors de Marie et Aicha, les jumelles qu’ils voulaient avoir ? En repensant à la discussion qu’ils avaient eue à ce sujet, un sourire vint illuminer son visage bouffi. Elle était prête à tout pour le raisonner. Le taxi gara devant l’immeuble d’Ibrahim. Elle aperçut la Range Rover garé. En montant les escaliers, elle croisa Jonas. Il lui dit qu’il était venu remettre les clés de la voiture. Il lui fit un large sourire et continua son chemin. Elle était contente. Elle craignait qu’il ne soit pas à la maison. Elle fouilla son sac mais ne vit pas le double des clés que lui avait données Ibrahim. Elle l’avait surement oublié. Elle était devant la porte et voulut sonner mais la porte était juste rabattu, elle prit son souffle, poussa la porte et entra dans l’appartement. Ce qu’elle vit lui fit pousser un cri et elle laissa tomber le panier qu’elle avait en main. Elle n’en revenait pas. Devant ses yeux, Ibrahim et Stéphanie enlacés, pratiquement nus. Dès qu’Ibrahim tourna la tête, elle sortit de l’appartement et se mit à courir. Elle entendait Ibrahim hurler son nom derrière. Qu’avait-il fait ? C’était évident pour elle. Ibrahim a tourné la page dès qu’il en a eut l’occasion. Elle dévalait les escaliers à une telle vitesse qu’elle faillit tomber. Ibrahim lui courait toujours après en hurlant son nom. Elle ne voulait pas s’arrêter. Il réussit à la rattraper

« Attends Reine. Attends ! Ecoute ! »

Elle ne dit pas un mot et se débattait. Ibrahim ne voulait pas la lâcher. Elle se mit à crier de toutes ses forces et il lui lâcha le bras. Un taxi était garé juste à côté. Elle s’y engouffra et demanda au chauffeur de démarrer sans lui dire où elle allait. Elle leva les yeux et elle vit Stéphanie, arrêter au balcon avec un large sourire qui lui faisait un signe de la main. Elle se mit à pleurer, encore une fois. Comment Ibrahim avait-il osé faire ça ? Elle ne méritait pas qu’il la punisse de la sorte. Et en plus avec Stéphanie. C’était comme si il avait préféré son pire cauchemar à elle. Elle était détruite.

Ibrahim regarda le taxi s’éloigner dans un nuage de fumée. Il ne réalisait pas encore ce qui venait de se passer. Tout s’est passé si vite. Il n’avait même pas eu le temps de mettre un habit décent avant de descendre. Il regagna son appartement, déboussolé. Quel retournement de situation. Lui qui voulait tout arranger avait fini par dégrader encore plus la situation. Il referma la porte derrière lui et s’assit nonchalamment dans son fauteuil. Il voulut l’appeler mais son téléphone était fermé. Stéphanie sortit de la chambre

« Je vais te laisser seul mon bébé, tu en as besoin. Tu as promis de m’appeler. N’oublie pas »

Et elle déposa un baiser sur son front. Il la regarda sortir sans rien dire. Il ne pouvait pas lui en vouloir, ce n’était pas elle qui avait causé tout ça. Il regarda sur le sol et il vit ce qu’avait préparé Reine. Ironie du sort, c’était la même chose qu’avait fait Stéphanie. Il savait qu’elle ne savait pas cuisiner ce plat. Il imagina le mal qu’elle s’était donné pour préparer tout ca. Et lui, qu’avait il fait pour arranger la situation ? Il prit sa tête entre ses mains et fixa le sol pendant un bon moment. Il savait plus où donner de la tête. Il ne savait même plus à quoi réfléchir. La vie est souvent ironique. Hier on lui demandait pardon, aujourd’hui c’est lui qui doit demander pardon. Il eut le réflexe d’appeler Roland. La seule personne qui pouvait lui dire quoi faire, qui pouvait lui remonter le moral et le sortir de ce trou dans lequel il s’est enfoncé mais il ne pouvait pas. Avec tout ce qu’il a dit hier, il ne pouvait vraiment pas. Il décida d’appeler Samira.

Roland était arrêté sur son balcon, en train de fixer l’horizon. Cela faisait à peine 30 minutes qu’il était debout. Sa tasse de café à la main, il ne cessait de repenser à ce qui s’était passé hier soir. Il revoit encore les yeux d’Ibrahim quand il les a surpris. Mais comment cela avait-il pu arriver ? C’était clair que c’était la faute de Reine mais il avait sa part de responsabilité aussi. Pourtant, il avait tout fait pour la repousser. L’alcool avait fait effet sur tous les deux et ils se sont laissés portés par l’ambiance. C’est des choses qui arrivent. Il avait perdu son seul ami. Il jeta un coup d’œil derrière lui, sur sa table à manger était posée une statuette que lui avait offerte Ibrahim, « Le trophée de la St Valentin ». Le 14 Février de l’année qui a suivi celle de leur rencontre, Ibrahim et lui avait tenu un pari. Roland était dans 4 relations en même temps à cette période, il avait donc 4 rendez vous à respecter ce jour là et toutes voulaient passer la nuit avec lui. Ibrahim avait prédit un embouteillage et une grosse tempête dans son petit appartement. Roland, lui, était serein. D’après lui, Ibrahim négligeait son expérience du terrain. Et comme prévu, le soir de la St Valentin, Ibrahim était dans son appartement quand Cassandra débarqua, c’était la première. Roland lui avait fait un clin d’œil. Il installa Cassandra dans sa chambre et revint voir Ibrahim au salon. Au même moment on sonna à la porte, Nathalie était là. Ibrahim écarquilla les yeux quand il vit avec quel calme Roland l’avait reçu. Il prit sa veste, prit la pauvre fille par la main et ils se sont retrouvés dehors. Il avait réservé une chambre d’hôtel et c’est dans la voiture d’Ibrahim qu’ils devaient s’y rendre. En chemin le téléphone de Roland ne faisait que sonner. Quand il décrocha l’appel, Ibrahim sut que c’était Bintou. Roland avait pour habitude de la taquiner en l’appelant ma sœur. Ce qui l’arrangeait bien dans cette situation, il inventa une histoire à dormir debout et il proposa à Nathalie de la déposer à l’hôtel avant d’aller régler le « problème urgent de sa sœur ». Et le truc qu’Ibrahim avait du mal à comprendre, c’était qu’elles gobaient ses histoires sans se poser de questions. Une fois la jeune femme déposée, ils étaient en route pour le cinéma. Roland avait donné rendez vous à Laura là bas et elle l’attendait. Avant de descendre, il demanda à Ibrahim d’aller récupérer Bintou pour l’envoyer au restaurant en lui expliquant qu’il aura un peu de retard. Avant de démarrer, Ibrahim lui souhaita bonne chance et ils éclatèrent de rire. Le lendemain, ils se retrouvèrent à la Galerie Omar pour le débriefing de la soirée. Cette phrase de Roland résumait bien la soirée « Dans une soirée, il y’a plusieurs phases. Si tu as autant de femmes que de phases, c’est réglé. Tout est une question d’organisation fils. Gérer une relation c’est comme gérer une entreprise. Retiens ca ». On se serait cru dans une conférence de coach de vie. Pour l’emmerder, Ibrahim lui acheta une statuette qu’ils avaient vue à l’entrée, qui représente une femme callipyge avec une forte poitrine, portant un bébé au dos et un autre sur la tête. Cette statuette illustrait la fécondité chez les peuples de l’Ouest du Balandja. La vraie raison pour laquelle il lui avait offert cette statuette était que, d’après lui, elle ressemblait étrangement à Bintou. Ils en avaient ri deux semaines durant. Ces souvenirs firent sourire Roland. Il poussa un soupir et porta la tasse à sa bouche. Ibrahim était comme un frère pour lui. Un bruit tira Roland de ses pensées. On venait de sonner à la porte. « C’est qui encore ? ». Il pensa à Roland mais il se ravisa tout de suite. Ibrahim ne sonne jamais une fois. Il alla ouvrir la porte d’un pas nonchalant. Il y’avait une jeune femme arrêté avec ses valises.

« Mais toi tu es un bel enfoiré. Me faire poireauter comme ça sans un signe de vie. Tu as oublié que tu devais venir me récupérer à l’aéroport ce matin ? »

« Oh purée ! Excuse-moi. Ça m’avait complètement échappé. Mais tu aurais du m’appeler. Vas y entre »

« Tu as regardé ton téléphone ce matin ? En plus à te voir, on sait que tu viens de te réveiller. J’espère qu’une malheureuse fille n’est pas couché dans ta chambre »

« A peine tu débarques et tu commence à me les briser. Ca te gênerait de te mêler de ce qui te regarde ? »

« Oh mais ca me regarde. Je ne veux pas qu’on m’appelle un jour pour me dire que mon frère a subi les coups d’un mari cocu ou qu’il a choppé une vilaine maladie »

« Occupe-toi de tes petites fesses au lieu de raconter des bêtises. Allez viens là – Il la serra dans ses bras – Tu m’as manqué sœurette »

« Ouais c’est ça. Ça crève tellement les yeux. En venant j’ai aperçu ton doudou »

« Mon doudou ? »

« Roxie, l’amour de ta vie »

Il éclata de rire

« Madi ? Je vais te taper sur la bouche d’une de ses manières »

« Oh non, pardon ! Ibrahim ne m’a même pas encore vu et tu veux me défigurer. A propos, il va bien ? »

Roland fit mine de ne pas avoir entendu, et changea de sujet. MadinaKamelan est la sœur de Roland. Elle vit à Londres depuis 4 ans où elle poursuit des études en Droit International. Dès la première visite d’Ibrahim chez Roland, ce fut le coup de foudre. Elle a essayé tant bien que mal de le cacher mais ce fut peine perdue ; il y’a des signes qui ne trompent pas. Roland n’était pas enchanté à l’idée que sa sœur soit éprise d’un ami qu’il venait à peine d’avoir mais Madi avait la réputation d’avoir ce qu’elle voulait. En plus d’être belle, elle était intelligente et c’est ce qui allait attirer l’attention d’Ibrahim, qui avait une idée opposé des femmes de Balandja. Avec la permission de Roland, ils commencèrent à se voir et à flirter, sans toutefois entamer une relation sérieuse et ce jusqu’à ce qu’elle lui annonce son départ pour l’Angleterre. Ils décidèrent d’un commun accord de ne pas se mettre dans une relation longue distance, ce n’était pas le point fort de Madi. Mais elle continuait toujours de ressentir quelque chose pour lui. Dans l’avion qui la ramenait au pays, elle n’avait que le visage d’Ibrahim en tête.

« Roro ! Qu’est ce qui se passe ? Pourquoi tu fais cette tête ? Y’a-t-il un problème ? »

« Ne t’inquiètes pas Madi »

« Je te connais comme mon frère. Mais qu’est ce que je raconte ? Tu es mon frère »

Ils éclatèrent de rire et au même moment, on sonna plusieurs fois à la porte.

« Ça c’est encore une de tes victimes, je suis dans la chambre au cas où »

Roland se leva et alla ouvrir la porte. Il trouva Reine en sanglots, il se dépêcha de la faire rentrer. Il demanda la raison de son état mais elle était trop bouleversée pour lui répondre. Il l’installa et lui offrit une tasse de chocolat chaud afin de la calmer. Elle adorait le chocolat chaud. Après avoir fini sa tasse, Roland revint à la charge

« Ca va maintenant ?– Elle hocha la tête - Qu’est ce qui s’est passé ? Il refuse toujours de te voir ? »

« Non… Ce n’est pas ça… »

« C’est quoi alors ? »

« C’est… Hum… Tu te rappelles qui l’a accompagné hier non ? »

« Oui c’est Sté… Non… Attends. Tu veux dire que… Stéphanie ? Non je ne te crois pas »

« Je… Je suis passé chez lui ce matin pour… pour qu’on puisse discuter et je suis allé trouver Stéphanie… chez lui »

« Attends, calme toi Reine. Tu l’as juste vu dans son appartement, ca ne veut rien dire. Stéphanie c’est une grande malade, elle était surement dans une de ses tentatives de repentir. En plus je connais Ibrahim, il ne… »

« JE LES AI VUS ROLAND ! JE LES AI VUS ! TOUS NUS ! ENLACES ! »

« Calme… Calme-toi Reine… Je connais Ibrahim, je ne mets pas en doute ce que tu as vu mais il y’a surement une explication »

« Quelle explication ?! Je les ai vus. Je les ai pris la main dans le sac. Il a voulu se venger de moi. Pourquoi de manière aussi cruelle ?! »

« Ce n’est pas son genre, Reine. Tu devrais d’abord te calmer. Ibrahim n’est pas comme ça. Il t’aime trop pour ça. En plus Stéphanie est la dernière personne sur cette terre avec qui il voudrait, ne serait ce que partager un verre, alors un lit »

« Tu… Tu le défends ?! Tu oublies ce qu’il t’a dit hier. L’Ibrahim que tu connais serait-il capable de te dire ça ?! Arrêtes Roland »

« Je sais, mais j’aurais surement dis la même chose et toi aussi d’ailleurs. Il était en colère. Il a été trahi tellement de fois qu’il a pété un câble. Il s’est fié aux apparences sans réfléchir et c’est ce que tu es en train de faire aussi »

« Ce n’est pas pareil. Et puis d’ailleurs même, je pensais avoir un soutien en venant ici mais je me suis trompé » ; elle se leva du canapé et pris ses affaires

« Tu ne t’es pas trompé Reine. Attends, trouvons une solution avant que tu ne fasses une bêtise. Reine ? Reine ?! »

Elle avait claqué la porte derrière elle. Roland était abasourdi par ce qu’il venait d’entendre. Ibrahim avec Stéphanie ? Il avait du mal à y croire. Il s’assit, la tête entre les mains. Madi, qui avait tout entendu, sortit de la chambre et vint le rejoindre. Roland lui expliqua ce qui s’était passé. Madina connaissait Stéphanie mais n’était pas au courant de son histoire avec Ibrahim. Elle l’avait rencontré à Londres dans une soirée africaine et elles avaient sympathisés. Cependant, elle reprocha à Roland le fait qu’il ait accepté qu’Ibrahim sorte avec Reine.

« Une petite fille que j’ai vu grandir va venir me ravir Ibrahim. Elle ne lui ressemble même pas ! »

« Écoutes Madi, ce n’est pas le moment de me fatiguer avec tes histoires. Ibrahim fait ce qu’il veut avec qui il veut. Te ravir Ibrahim… Va le chercher, tu sais plus où il est ? »

Elle se leva aussi, pris son sac et sortit de l’appartement comme une furie.

Reine était encore plus déboussolée. Elle en voulait maintenant à Roland. Elle se mit en tête que tout était de sa faute. Comment a-t-il pu défendre Ibrahim après ce qu’il venait de lui faire ? Son téléphone se mit à sonner, c’était Ibrahim. Elle rejeta l’appel et éteignit son téléphone. Elle essayait de se calmer pour ne pas attirer l’attention. Le taxi se gara près du jardin public. Reine avait appelé une de ses amies qui devait venir l’y rejoindre. Elle avait besoin de parler à quelqu’un. Au même moment, Samira venait d’arriver chez Ibrahim où elle le trouva assis, l’air dépité. L’appartement était sens dessus dessous. Avant même de demander ce qui s’était passé, elle commença à ranger l’appartement. Ibrahim avait le regard dans le vide, il semblait ne même pas remarquer sa présence. Après avoir fini de ranger, elle lui prépara un bon cocktail et vint s’asseoir près de lui, elle le sera contre elle. Il se décida enfin à lui raconter ce qui c’était passé. Elle était au courant de l’incident d’hier, Roland lui avait déjà expliqué. Elle lui donna quelques conseils sur ce qu’il devait faire et lui promis de parler à Reine et de rendre une petite visite à Stéphanie. D’après Samira, c’est elle qui était à la base de tout ça. Elle décida de passer le reste de la journée avec lui.

... C’était comme si mes problèmes fuyaient sa beauté

... C’était comme si mes problèmes fuyaient sa beauté

Pratiquement 2 mois maintenant était passé. Ibrahim s’apprêtait à regagner ses nouveaux bureaux. Il venait d’être nommé chef de projet pour la construction du nouveau stade. Les lundis n’avaient jamais réussi à Ibrahim encore moins depuis ces 2 mois. Il avait été contraint de reprendre un train de vie normal mais à vrai dire, plus rien n’était normal. Il n’avait plus de nouvelles de Roland, ayant changé de service, ils ne se voyaient plus comme avant. La fierté avait poussé Ibrahim à ne pas chercher à le rencontrer. Il avait honte. Honte d’avoir douté de son amitié. Quand à Reine, toutes ses tentatives pour lui parler ont été vaines. La seule fois où il avait réussi, c’était avec l’aide de Samira, mais Reine lui a fait comprendre qu’elle préférait qu’ils arrêtent là car après ce qu’il a fait, elle aurait du mal à le voir comme avant. Ibrahim était anéanti après cette rencontre, bien plus qu’après la trahison de Stéphanie. Lui qui se disait qu’il n’allait pas connaitre plus grande dépression. Le soutien de Samira lui a été d’une grande aide, durant ce moment sombre. Aussi, avait-il eu la surprise de revoir Madi. Mais ce qui l’a encore plus surpris, c’est qu’elle était en compagnie de Stéphanie. Il avait reçu la visite de cette dernière quand Madi l’accompagnait. Il avait été très content de la revoir et elle lui a apporté un certain réconfort. Ibrahim a appris à « refréquenter » Stéphanie durant ces 2 mois, malgré lui. Il avait constaté un changement en elle et il acceptait de lui accorder le bénéfice du doute mais sans toutefois aller plus loin. Il lui avait fait comprendre qu’il fallait qu’il constate réellement ce changement avant d’aller plus loin. Stéphanie n’y a pas trouvé d’inconvénients d’autant plus qu’elle avait réussi à éliminer la sulfureuse Reine Béké. Elle était donc à ses petits soins. Ibrahim avala rapidement ses comprimés et se mit en route.

Roland était debout depuis 3h du matin. Il avait du travail en retard qu’il devait terminer avant de se rendre au travail. Il jeta un coup d’œil à sa montre, il était maintenant 5h. Il alla se servir un verre de menthe au lait et s’installa dans le canapé de sa chambre. Samira était encore endormie dans son lit. Il la regarda dormir. Elle avait réussi là où certaines avaient échoués. Elle l’avait plongé dans un bonheur et tout ça c’était grâce à Ibrahim. Mais à cause de tout ce qui s’est passé, il ne pouvait partager ce bonheur avec son ami. 2 mois qu’ils ne se sont pas vus, ni parler. Il ignorait ce qui l’empêchait d’aller le voir. Ce n’était surement pas à cause de ses menaces. Peut être voulait-il juste qu’Ibrahim prenne le temps de digérer tout ça. Le truc, c’est que ca ne devait pas prendre autant de temps. Il trainait désormais avec Laurent, un collègue du bureau. Laurent était l’homme le plus ennuyant de toute la capitale mais c’est lui qui avait tous les bons plans. Dès qu’il y avait une soirée privée, on était sur qu’avec Laurent, on allait pouvoir y participer. Roland avait revu Reine depuis ce fameux dimanche. Elle était plus calme et ils avaient pu discuter. Roland maintenait le fait que l’histoire avec Stéphanie n’était pas vraiment claire et il essaya de lui faire entendre raison mais rien n’y fit. Reine s’était complètement fermée. Elle lui rappelait Ibrahim après son histoire avec Stéphanie. Il savait que cette histoire n’était pas terminé et connaissant les 2 protagonistes, il en était encore plus sur. Roland se leva de son canapé et alla déposer un baiser sur le front de Samira. Elle ouvrit légèrement les yeux et lui sourit. Il lui rendit son sourire et prit la direction de la salle de bain.

C’était Vendredi et Reine Béké venait de terminer sa répétition. Elle préparait sa prestation au concours national de Miss Balandja qui devait se tenir le lendemain au palais des congrès. Elle avait demandé à ce qu’on la laisse seule dans la salle. Elle avait besoin d’un peu de calme avant de rentrer chez elle. Une habitude qu’elle avait prise depuis peu. Le plus gros mensonge qu’elle ait pu se dire à elle-même était qu’elle pouvait vivre sans Georges Ibrahim dans sa vie. Elle avait essayé. Elle avait voulu l’oublier de toutes ses forces mais elle n’y arrivait pas. Cependant elle s’entêtait à maintenir cette utopie. Elle lui en voulait encore plus de hanter son esprit à ce point. Elle ne l’avait pas vu depuis des semaines et il lui manquait. Elle se rappelait de son odeur, de ces petits SMS matinaux qui lui assurait une journée dans la bonne humeur, de ses marques d’attention qu’aucun homme avant lui n’avait daigné lui accorder, de ce rire idiot qu’il avait lorsqu’il était avec Roland. Tout lui manquait, sa vie d’avant lui manquait, sa vie avec Ibrahim lui manquait. Mais pouvait-elle faire fit de sa trahison ? Elle essuya une larme lorsque quelqu’un déposa sa main sur son épaule. Elle sursauta. Picass Salvatore se tenait devant elle

« Euh… Excuse… Excuse-moi. Je ne t’ai pas entendu entrer »

« Ne t’excuses pas Reine. Je suis juste venu voir comment tu va »

« Je… Je vais bien, merci. Je… m’apprêtais à rentrer »

« Attends, assieds toi 2 minutes, je voudrais te parler vite fait »

« Me parler ? »

« Tu sais, depuis tout ce temps qu’on travaille ensemble, j’ai appris à te connaitre. Tu es un peu comme ma fille, Reine. Tu peux me parler. »

« Je t’assure que tout va bien. Tu n’as pas de souci à te faire »

« Comme disait mon vieil oncle, ce n’est pas au vieux bélier qu’on apprend à reconnaitre les préparatifs de la Tabaski. Depuis quelques semaines, tu t’isoles. Toi qui avais l’habitude de faire rire tout le monde, maintenant tu es tout le temps sérieuse. Le reste de l’équipe est inquiète. J’ai besoin de toi au mieux de ta forme pour la prochaine tournée et la Reine que j’ai en face de moi risque de craquer à tout moment »

« Je… Je vous assure que… »

« Je vais être franc avec toi Reine, je suis au courant de ton histoire avec ma nièce concernant ce jeune homme. Et je sais ce que tu ressens pour lui pour vous avoir déjà vu ensemble. Vous êtes le couple parfait et rien ni personne ne devrait avoir raison de cela. Quand j’étais plus jeune, j’ai rencontré une jeune femme lors d’un de mes voyages en Côte d’Ivoire. On s’est rencontré à la fête d’un ami qu’on avait en commun et tout de suite, le courant est passé. Elle s’appelait Aïcha. Je n’ai jamais rencontré une personne aussi sincère et humble, pourtant elle avait tout pour elle. Elle était belle comme l’aurore. Elle avait de petits yeux magnifiques et un sourire divin. Un beau teint noir avec un cou plissé qui lui donnait l’allure d’une princesse des contes qu’on nous racontait autour du feu. En plus, elle m’a fait rencontrer Dieu car elle était une bonne musulmane. A chaque fois que mes yeux tombaient sur elle, c’était comme si mes problèmes fuyaient sa beauté. Je suis tombé amoureux d’elle instantanément. J’ai fini par m’installer à Abidjan et on a passé 2 belles années ensemble. Un soir, on s’est disputé. Elle m’avait avoué qu’elle avait couché avec un de mes partenaires lors de mon dernier voyage. Je n’ai pas supporté et je l’ai traité de tous les noms. Je me sentais trahi, moi qui avais tout laissé pour elle. Je décidais de me séparer d’elle et de ne plus en entendre parler. Elle me supplia en me disant qu’elle m’aimait sincèrement et que c’était une erreur. Ca a été la première fois où j’ai douté de sa parole mais j’étais en colère. Des mois ont passés sans que j’aie de ses nouvelles et elle me manquait de plus en plus. Je ne pouvais me résigner à vivre cet amour et je décidais de lui laisser une chance car quand on aime, on pardonne tout. J’ai mis ma fierté et mon orgueil de côté et j’ai cherché à la revoir. Je suis allé à sa maison, elle n’y était plus. Je décidais donc de me rendre chez ses parents pour voir s’ils avaient de ses nouvelles. Quand je suis arrivé, la première personne que je vi fut sa mère. Dès que nos regards se croisèrent, elle fondit en larmes. Elle me confia qu’elle s’était mise à ma recherche depuis le mois passé. La nouvelle qu’elle m’annonça me glaça le sang. Aïcha était décédée. Elle avait succombé à une maladie et toute la durée de son hospitalisation, elle avait demandé à me voir sans succès. La veille de son décès, comme si elle savait, elle remit une lettre à sa mère pour moi. Je sombrais dans une dépression grave et c’est des semaines après que je me décidais à ouvrir sa lettre. Après l’avoir lue, j’avalais 2 boîtes entières de comprimés. Comment aurais je pu me résoudre de continuer à vivre sans elle ? Et c’était en partie ma faute si elle était morte. J’ai laissé mon orgueil et ma fierté prendre le dessus sur mon amour et je le regrettais amèrement. On me sauva de justesse mais les séquelles n’en étaient que plus nombreuses. Il me fallut des années d’internement avant de reprendre une vie quasi normale. Mais je t’avoue qu’à chaque fois que j’y repense, c’est avec un cœur lourd d’amertumes et de regrets. Si au lieu de partir, j’étais resté pour qu’on règle le problème, peut être que tout ceci n’allait pas arriver. Si je te raconte tout ça, Reine, c’est pour que ca te serve de leçons. Si tu aimes ce jeune homme, donne vous une chance de régler cette histoire une bonne fois pour toute »

Des larmes perlèrent sur les joues de Reine

« Mais… Je ne sais… Je ne sais pas si lui il m’aime encore »

« Tu n’as qu’à lui demander »

La porte de la salle venait de s’ouvrir. Reine se retourna et vit Ibrahim entrer dans la salle. Elle le regardait s’avancer vers elle. Elle se leva et courut se jeter dans ses bras, en pleurs. Ibrahim la serra fort contre lui. Cette sensation lui avait tellement manqué qu’il ne put retenir lui aussi ses larmes. C’était son ultime chance de la voir revenir vers lui. Il a été surpris de voir Picass Salvatore se présenter à son bureau pour lui parler mais il se devait de saisir cette opportunité. Et le voilà, avec sa Reine dans ses bras. Elle leva la tête pour pouvoir gouter à ces lèvres qui lui avaient tant manquées. Entre 2 baisers, Ibrahim lui chuchota à l’oreille

« Je t’aime ma Reine »

Elle était aux anges. Ils s’assirent après l’un à coté de l’autre et se regardèrent sans rien dire. Ensuite ils éclatèrent de rire. Ils discutèrent pendant quelques minutes et Ibrahim lui proposa de rentrer chez lui pour continuer à discuter. Il alla remercier Picass et 30 minutes plus tard, ils étaient au bas de l’immeuble d’Ibrahim. Lorsqu’ils entrèrent dans l’appartement, Ils reprirent les baisers de plus belle. Ibrahim caressa Reine tendrement. Ses mains allaient de sa tête à ses fesses. Reine se mit à déboutonner la chemise d’Ibrahim et à caresser sa poitrine. Ibrahim caressa les seins de Reine à travers sa chemise, il sentait ses mamelons se durcir. Il l’embrassa dans le cou. Reine se mit à ronronner de plaisir. Il savait à quel point elle aimait ça. Il caressa son cou et se mit lui aussi à déboutonner sa chemise. En 2 temps 3 mouvements, la chemise de Reine volait dans le salon laissant apparaitre un soutien gorge en dentelle rouge, la couleur préférée d’Ibrahim. Elle lui retira sa ceinture et son pantalon. Il lui retira la sienne. Ibrahim parsemait le buste de Reine de baisers aussi tendres que frissonnants. Il lui enleva son soutien gorge qui libéra les magnifiques seins de Reine. Il les prit dans sa paume et les pressait comme des oranges. Reine n’en pouvait plus. Il n’y avait qu’Ibrahim pour la mettre dans cet état. Ses gémissements s’intensifièrent. Il les prit dans sa bouche et fit tournoyer sa langue autour. Elle glissa sa main dans le caleçon d’Ibrahim. Ils étaient prêts à aller plus loin. Il prit le slip en dentelle de Reine avec sa bouche et le fit glisser sur ses jambes avant de la soulever et l’emmener dans la chambre. Il la déposa sur le lit et se mit à explorer son corps avec sa bouche et sa langue. Il alla dans la cuisine et revenait avec un bac à glaçons. Il en prit un et le fit tourner autour de ses mamelons avant de le remplacer par sa langue, puis il le glissa sur le ventre de Reine. Il laissa tomber quelques gouttes dans son nombril et le lécha. Cette double sensation de fraicheur et de chaleur la rendait dingue. Il prit un autre et le glissa dans l’intérieur de ses cuisses. Reine tremblait de plaisir, elle n’en pouvait plus de ce supplice. Il la regardait se cambrer et le réclamer en elle mais il n’en fit rien. Il caressa ses lèvres du bout de ses doigts avec l’adresse d’un guitariste. Elles se mirent à gonfler et à se liquéfier abondamment. Ibrahim se délecta de ce nectar comme après une traversée du désert. Reine se cambrait sous les caresses d’Ibrahim qui n’était pas prêt à céder à sa doléance. Elle n’en pouvait plus et Ibrahim sentit que c’était le moment. Il se redressa et alla l’embrasser. Et en la fixant droit dans les yeux, avec délicatesse et tendresse, il mit lentement fin à ce doux supplice. Reine laissa échapper un râle de plaisir comme pour fêter sa délivrance. Ils s’unirent trois fois cette nuit.

Le lendemain matin, tout était beau, tout avait changé. Le chant des oiseaux qu’Ibrahim avait l’habitude d’entendre avait l’air plus mélodieux, comme une hymne national le premier jour d’indépendance. Le rayon de soleil que le rideau laissait passer se jetait sur le corps de Reine comme pour réclamer sa part de beauté de la chambre. Tout était plus beau. Quand Reine ouvrit les yeux, elle surprit Ibrahim qui l’observait. Elle lui fit un sourire. Ibrahim la regarda se réveiller peu à peu. Elle était tellement belle. Comment avait-il pu tenir tous ces mois sans elle à ses côtés ? Il se promit de ne plus jamais perdre Reine Béké. Elle était devenue sa source de vie.

« Qu’est ce que tu as à me regarder comme ça ? »

« Quoi ? Un ange qui me parle ? C’est à moi que vous vous adressez ? »

Elle se mit à rire « Arrêtes Ibrahim, tu aimes trop t’amuser »

« Tu as bien dormi ? »

« A ton avis ? – elle se redressa pour l’embrasser – Comment devrais-je dormir après ce qui s’est passé ? »

« Avec tout ce que j’ai entendu, je ne pensais pas te voir réveillée de sitôt et je suis sur que le voisin a pensé pareil »

« Arrêtes (rires) tu exagères »

« Tu m’as manqué »

« Tu m’as manqué aussi. Tout ça m’a manqué. J’avais pas ri comme ca depuis des mois »

« Qu’est ce que tu veux, je suis ce que je suis et je fais ce que je fais »

Ils s’embrassèrent une dernière fois et restèrent enlacés à se dire des mots doux pendant encore quelques minutes. Ils s’étaient retrouvés et pour rien au monde ils voulaient risquer de perdre encore une fois ce bonheur.

Roland gara sa voiture à l’emplacement habituel. Il avait fini tôt aujourd’hui et s’empressait de rentrer parce que Samira l’attendait dans l’appartement. Si quelqu’un lui avait dit qu’il rentrerait un jour à la maison alors que les lampadaires ne sont pas encore allumés, il lui aurait surement ri au nez, lui qui était un habitué des Afterworks. Les mauvaises langues auraient dit que Samira a usé de magie noire. Il descendit de sa voiture sans prêter attention aux autres voitures garées. Il grimpa les escaliers à grandes enjambées et en quelques minutes, il était devant sa porte. Dès qu’il l’ouvrit, il fut accueilli par Samira et Reine

« SURPRISE ! »

Il faillit faire tomber la pile de dossiers qu’il avait en main. C’était son anniversaire et il ne s’en était même pas rendu compte. De toutes manières, il ne s’en rappelait pratiquement jamais. Depuis des années, c’est Ibrahim qui le lui rappelait à chaque fois.

« Oh mais non, vous avez failli me faire avoir une attaque »

« Joyeux anniversaire mon Roro » fit Samira en l’embrassant

« Joyeux anniversaire Roro des gens » fit Reine en le serrant dans ses bras

« Je vieillis même sans m’en rendre compte. C’est fou »

« On a un cadeau pour toi »

« Non mais attendez que je m’asseye d’abord »

« Non, on t’a préparé un gros gâteau à la fraise. Ta préférée »

« Sérieux ? Qui a fait ça ? Je suis sur que c’est Reine parce que si c’est toi Samira, tant que la pâtisserie est ouverte… »

« L’ingratitude en direct comme ça, tu n’as même pas honte » rétorqua Samira

« Bon il est où ce gâteau ? »

« Tu peux venir »

Roland reconnu tout de suite cette voix qui s’était mis à chanter. Son regard se dirigea vers la porte de sa cuisine et il vit Ibrahim, le gâteau en main, s’avancer vers lui. Il resta figé comme si il avait vu un fantôme. Etait-ce vraiment Ibrahim ? Il n’y avait aucun doute. Il le suivit du regard jusqu’à ce qu’il dépose le gâteau sur la table

« Joyeux anniversaire mon pote »

Les yeux de Roland allaient de Samira à Reine et de Reine à Ibrahim, sans rien dire. Il avait envie de lui demander ce qu’il faisait là. C’était idiot mais c’est la première chose à laquelle il pensait.

« Hey vieux, il a fallut qu’on se dispute pour que tu te décides enfin à t’acheter une voiture ? »

Ils éclatèrent tous de rire. Roland et Ibrahim eut l’accolade la plus longue de l’histoire des retrouvailles après dispute. Samira les interrompit

« Je suis sure de ne plus avoir de place dans l’emploi du temps de Monsieur, maintenant que son premier amour est là »

« Les potes avant les fesses chérie, toi-même tu sais » fit Roland

Ibrahim était content d’avoir retrouvé son ami, son frère. Ils ont passé quasiment tout l’après midi à rire et à faire « leurs mises à jour » comme disait Roland. Tout était enfin entré dans l’ordre. La bande était de nouveau réunie. Ils dégustèrent le gâteau tous ensemble avant d’aller se préparer à aller au concours Miss Balandja. Reine les avait tous invités.

Une semaine plus tard, tout allait toujours pour le mieux entre Ibrahim et Reine. On aurait dit que ce qui s’est passé n’a fait qu’accroître ce qu’ils ressentaient l’un pour l’autre. Bien vrai que ces derniers temps ils étaient tout le temps occupés, vue leurs projets respectifs, mais ils arrivaient à trouver du temps pour eux. Ce samedi après midi là, Ibrahim était assis sur la terrasse d’un café. Il avait demandé à Stéphanie de l’y rejoindre, il voulait mettre les choses au clair définitivement pour ne plus qu’il y’ait de malentendus. Il craignait que Reine ne vienne les surprendre à l’appartement. Il lui avait dit qu’il avait déjà réglé cette histoire avec Stéphanie. Elle venait de rentrer de voyage et il a voulu profiter de l’occasion. Quelques minutes plus tard, Stéphanie descendit de son taxi et se dirigea vers lui toute souriante, il lui rendit son sourire ce qui l’a rendait optimiste quand à la décision qu’il avait prise. A ce moment là, elle ne pouvait se douter que Reine avait refait surface et qu’elle allait devoir revenir à la case départ. Elle alla l’embrasser sur la joue et pris place face à lui.

« Comment tu vas Ibrahim ? Tu es séduisant cet après midi »

« Merci Steph. Je vais bien et toi ? Pas trop épuisée ? »

« Non je vais bien. Ne t’inquiète pas. Tu m’as manqué mon chou »

« Ecoutes Stéphanie… Je ne vais pas passer par 4 chemins pour te dire ce que j’ai à te dire. Je veux d’abord que tu saches que je ne t’en veux plus et Dieu m’en est témoin. Tu m’as prouvé que tu avais vraiment changé et je peux confirmer maintenant. Tu es devenue une nouvelle personne et c’est pour ça que je compte sur ta bonne compréhension »

Stéphanie n’était plus aussi sure d’elle. Elle lui répondit, visiblement intriguée

« Qu’est ce que tu… »

« Non laisses moi finir. J’apprécie beaucoup la personne que tu es devenue et je ne veux pas que tu quittes ma vie mais je veux que tu comprennes que toi et moi ce n’est plus possible Steph »

« Mais… mais… Qu’est ce… Mais qu’est ce que tu es en train de me raconter là ? Ibrahim, je t’aime. C’est pour toi que j’ai changé. C’est pour toi que j’ai fait tout ce que j’ai fait. Tu ne peux pas me demander ca ! »

« Calmes toi Steph, calmes toi. Tu trouveras une personne qui saura mieux s’occuper de toi et qui sera en mesure de te rendre ton amour. Et si on est vraiment fait l’un pour l’autre, laissons faire le destin »

« Mais j’emmerde le destin moi et je ne veux pas quelqu’un qui saura faire tout ça, c’est avec toi que je veux être. Qu’est ce qui se passe ? Tu as rencontré quelqu’un ? C’est Reine – Ibrahim ne lui répondit pas – Je suis sure que c’est elle. Elle t’a encore embobiné. Tu es aussi naïf que ça ? Elle ne t’aime pas Ibrahim »

« J’ai envie de prendre le risque, merci de t’inquiéter pour moi. Je ne veux pas que tu prennes ca pour toi. La nouvelle toi m’as déjà montré à quel point elle était compréhensive »

« Arrêtes tes foutaises Ibrahim ! Arrête ! Quand elle t’a brisé le cœur, qui était là pour toi ? Qui est passé chez toi te donner l’amour et la tendresse dont tu avais besoin ? Qui Ibrahim ? Qui ?! Et à la première perche qu’elle te tend, tu reviens comme si de rien n’était et tu veux me jeter comme un mouchoir plein de merde ? »

« Stéphanie, arrêtes s’il te plait. Ne prends pas les choses comme ça »

« Tu veux que je les prenne comment Ibrahim ?! - et elle éclata en sanglots – Je t’aime Ibrahim, quand est ce que tu vas finalement le comprendre ? Je suis prête à tout pour toi et je… je voulais attendre ta décision pour te l’annoncer, pensant que tu allais prendre la bonne décision mais… je suis enceinte Ibrahim. Notre bébé grandit dans mon ventre »

Ibrahim renversa son verre sur la table. Il était figé et regardait Stéphanie, comme s’il n’avait pas bien entendu ce qu’elle venait de dire.

« Tu… Tu es… Toi… »

« Je suis enceinte de toi Georges Ibrahim. J’espère que tu n’as pas oublié notre merveilleuse nuit. Je suis enceinte – Elle se leva et pris son sac – Je te laisse le temps de bien réfléchir à ce que tu vas faire car cet enfant je vais le garder. Je t’aime Ibrahim, n’oublies jamais ça »

Ibrahim la regarda s’éloigner peu à peu. Il n’en revenait pas. Stéphanie était enceinte. Lui qui pensait que les troubles étaient loin derrière, c’était mal connaître Stéphanie Kouamy.

Commenter cet article

cedrick 13/04/2016 05:00

Hum,en attendant la suite. Je te dis respect l'artiste

wifey 13/02/2015 16:22

Subjuguee, emerveillee, satisfaite. Bon travail. <3