Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Célibataire sans enfant (Partie 5)

Publié le par Akhi_Biggii

« Je n’ai rien dans le crâne Ibrahim. Mais je t’ai dans le cœur »

« Je n’ai rien dans le crâne Ibrahim. Mais je t’ai dans le cœur »

Ibrahim était choqué. Tellement qu’il n’arrivait même pas à réagir. Il contemplait ce spectacle qui s’offrait à lui. Il dit d’une voix presqu’inaudible « Reine… ». Roland le vit et poussa Reine loin de lui. Reine se retourna et le vit aussi. Elle accourut aussitôt vers lui

« Ibra… Ibrahim. Excuse-moi s’il te plait. Je… Je ne… je ne sais pas ce qui m’as pris… c’est…. C’est l’alcool. Excuses moi mon chéri. Je suis vraiment désolé »

Ibrahim la regarda. Elle ne connaissait pas ce regard. Il était vide. Il partait de Roland à Reine et de Reine à l’écrin qu’il tenait en main.

« Je te croyais différente Reine. J’ai vraiment cru que tu étais différente des autres. Quel con j’ai pu être ! Naïf de surcroit ! Moi qui m’étais juré de ne plus tombé amoureux d’une africaine »

« Ne dis pas ça mon Ibra… je suis désolé… Je t’aime »

« Tu me déçois… me faire ça le jour de mon anniversaire… Alors que je m’apprêtais à te demander de m’épouser »

Reine écarquilla les yeux. Il lui tendit l’écrin. Elle éclata en sanglots

« Je t’en supplie Ibrahim. Écoute-moi d’abord. Rentrons à la maison, je vais tout t’expliquer »

« Lâche-moi »

« Ibra… »

« LACHE MOI JE TE DIS ! »

Roland tenta de calmer son ami

« Ecoutes… Ibrahim… »

« Toi… Roland… Mon meilleur ami… Me faire ça à moi. Je te faisais confiance plus qu’à moi-même. Et tu as osé me faire ça »

« Ce n’est pas ce… »

Ibrahim se leva et fonça sur Roland. Ceux qui assistèrent à la scène purent le retenir à temps

« LAISSEZ-MOI ! LAISSEZ-MOI ! JE VEUX JUSTE LUI PARLER – les autres le lâchèrent – je ne veux plus jamais te voir… ni même t’entendre... La prochaine fois que je te vois… je te tue... je te tue Roland »

Il sortit de là comme une furie. Reine le suivit. Stéphanie qui avait suivi toute la scène l’attendait dehors. Reine se mit à hurler

« Ecoutes moi Ibrahim s’il te plait. Tu ne peux prétendre ne plus m’aimer comme ça. J’ai fait une erreur et je la regrette amèrement »

Stéphanie s’interposa

« Tu n’as pas entendu ce qu’il t’a dit, laisse le tranquille ! »

« Laisses moi répondre Stéphanie, je suis assez grand. Reine, je ne veux plus t’entendre. Ne me pousse pas à bout s’il te plaît – il se tourna vers Stéphanie – Tu veux bien m’accompagner ? »

Stéphanie et Reine eut le même regard ébahi. Stéphanie se demandait si c’est bien à elle qu’il s’adressait

« Heeu oui… Oui Ibrahim. Je t’accompagne »

Reine les regarda s’engouffrer dans le taxi et c’est à ce moment là qu’elle se rendit vraiment compte qu’elle risquait de perdre Ibrahim pour toujours. Il avait préféré la compagnie de Stéphanie par rapport à la sienne. Elle pleura toutes les larmes de son corps ce soir là

Ibrahim était loin dans ses pensées. Il était partagé entre la colère et la tristesse. Pourquoi encore à son anniversaire ? Serait-il maudit ? Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Comment Reine avait-elle osé ? Et Roland ? Son meilleur et son seul ami. Ibrahim craignait de se retrouver seul. Il tourna la tête et il vit Stéphanie qui le regardait

« Ca… Ca va Ibrahim ? »

Il continua de la regarder sans répondre. A ce moment là, son esprit était vide. Il la regardait sans la voir. Une larme se mit à rouler sur sa joue

« Oh non Ibrahim ! Non ! – Elle essuya sa joue – Je ne t’ai jamais vu pleurer et ce n’est pas maintenant que ça va commencer. Elle n’en valait pas la peine. Tu sais, les artistes sont des personnes instables émotionnellement, surtout les femmes. Elle a peut être fait pire. Allez viens »

Elle se rapprocha de lui et lui prit la tête pour la mettre sur sa poitrine. Ibrahim n’opposa aucune résistance. A cet instant là, il se rendit compte à quel point son odeur lui avait manqué. Il la serra tellement qu’on aurait cru qu’il voulait l’étouffer. Stéphanie souriait. Elle connaissait Ibrahim. Elle sut que c’était gagné. Mais en vrai, tout ce que voulait Ibrahim, s’était dormir et oublier.

Il était déjà 11h quand le téléphone d’Ibrahim sonna. Il se réveilla en trombe, comme s’il venait de se rappeler de quelque chose. Il chercha son téléphone. C’est Samira qui l’appelle. Il regarda son téléphone sans rien faire. Quand il eut fini de sonner, le téléphone affichait son fond d’écran. Ibrahim ne put plus s’en détourner. Ce sourire, ces yeux. Comment pourrait-il vivre sans Reine ? Son cœur se serra. Il y’avait 15 appels manqués. Toutes de Reine. Il n’avait pas entendu son téléphone sonné sinon il l’aurait surement décroché. Ibrahim regrettait l’acte de Reine mais il n’arrivait pas à lui en vouloir pour un tas de raisons. La première étant l’intense sentiment qu’il ressentait pour elle. De plus, elle a toujours été loyale envers lui et elle ne lui a jamais donné raison de douter de sa sincérité. Mais pourquoi avait-elle fait cela ? Peut être aurait il du lui donner l’occasion de s’expliquer ? Qui n’avait pas remarqué l’état dans lequel elle était, surement du à la boisson ? Il avait vu dans ses pleurs qu’elle méritait qu’il l’écoute mais au lieu de ca, il a laissé la colère prendre le dessus. Stéphanie l’avait lâchement abandonné quand sa tromperie avait été mise au grand jour tandis que Reine l’avait poursuivi jusque dans le parking. Elles n’étaient pas semblables. Il prit son téléphone et composa le numéro de Reine, il fallait qu’ils parlent. Au moment de lancer l’appel, il entendit un bruit venir de sa cuisine. Il se demandait qui ça pouvait bien être. Peut être était ce Samira. Elle avait l’habitude de venir lui faire à manger les dimanches. Mais dans ce cas pourquoi l’avait-elle appelé ? Il se leva pour aller voir. Quand il mit pied à terre, une douleur se fit sentir dans la plante de son pied. Il avait marché sur quelque chose. C’était une boucle d’oreille. Qu’est ce qu’elle faisait là ? Il voulut s’asseoir sur sa chaise et il remarqua une robe et un soutien gorge.

« Mais c’est… Non… Non. Non ! »

Il avait reconnu la robe que Stéphanie avait hier.

« Non ! Non ! Mon Dieu ! Non ! Hm hm »

Il sortit de la chambre en trombe. Dans le couloir, il reconnu les chaussures de Stéphanie, des talons hauts. Et cette odeur. Il ne connaissait qu’une personne qui pouvait faire la cuisine avec une telle odeur

« Oh purée. Non… »

Il se précipita dans sa cuisine et il vit ce qu’il redoutait ; Stéphanie Kouamy en tenue d’Eve, avec pour seul vêtement, un tablier. C’était clair, elle avait passé la nuit ici mais Ibrahim ne se rappelait de rien.

« Bonjour mon chéri, tu as bien dormi ? Je te fais ton plat préféré »

« Sté… Stépha… «

« Oh ne t’inquiètes pas. Je ne l’ai pas fait trop épicé cette fois-ci »

« Mais qu’est ce que tu fais ici ? »

« Comment ça qu’est ce que je fais ici ? La cuisine, ca ne se voit pas ? »

« Tu as passé la nuit ici ? »

« Oh mon chéri. Qu’est ce qui t’arrives ? Tu as pris un coup sur la tête ou quoi ? »

« Je… J’ai… »

Elle remarqua qu’il était perdu. Elle se rendit compte qu’il ne se souvenait de rien.

« On a passé la plus belle nuit qu’on ai jamais passé depuis des années. Et ce sont tes propres mots »

« Quoi ?! »

Ibrahim faillit s’écrouler. Il chercha une chaise pour s’asseoir. Il avait du mal à croire ces mots mais tout était là. Les vêtements qui trainaient un peu partout, le désordre qu’il y avait dans la chambre. Il regarda Stéphanie avec mépris

« Mais qu’est ce que tu m’as fait faire ?! Tu es contente de toi là ?! Je… J’ai… J’ai tout fait pour te faire comprendre que je ne voulais plus de cette relation mais tu as quoi dans le crane pour être aussi obstinée et têtue ?! »

Stéphanie s’approcha de lui avec un sourire déconcertant. Et elle répondit en lui caressant la tête

« Je n’ai rien dans le crâne Ibrahim. Mais je t’ai dans le cœur »

« Foutaises Stéphanie ! Foutaises ! »

Elle reprit, irritée

« Mais Ibrahim, je t’ai dit que j’étais désolé ! Sincèrement désolé ! Je t’aime, merde ! J’ai quitté tout ce que j’avais pour toi ! J’ai fait une bêtise et je m’en suis mordu les doigts ! Tu ne vas pas m’en vouloir pour le reste de ma vie ! Reine t’a prouvé qu’aucune autre femme ne méritait de t’avoir. Ne… »

Ibrahim bondit de sa chaise

« Ne mêle pas Reine à tout ça ! Ce que tu m’as fait est mille fois pire. Evitons les grosses disputes, prends tes affaires et rentre chez toi ! »

« Je n’irais nulle part Georges Ibrahim ! C’est toi qui m’as demandé de venir ! Pourquoi m’humilier de la sorte. Tu as voulu te venger, c’est ca ? »

A ce moment, on sonna à la porte. Ibrahim se demanda qui cela pouvait bien être. Il était trop énervé pour réfléchir. Il alla ouvrir. C’était Jonas, son assistant. Il était venu lui remettre les clés de sa voiture qu’il avait ramenée

« Merci Jo et désolé d’avoir gâché ton dimanche matin »

Il rabattit la porte et alla trouver Stéphanie en pleurs. En la voyant, il sut qu’il ne ressentait plus rien pour elle si ce n’est de la pitié. Il s’avança vers elle, essuya ces larmes et lui dit d’une voix douce

« Je suis désolé pour ce que j’ai dit Stéphie. Je suis assez perturbé ce matin mais je ne voulais pas te blesser. Pour être franc avec toi, je t’ai pardonné. Mais comprend que j’ai besoin de me retrouver un peu seul. Je promets de t’appeler mais pour l’instant, je vais te raccompagner, ok ? »

Elle se jeta dans ses bras et le serra très fort contre elle. Au même moment, un cri et un bruit d’assiettes cassées vinrent troubler le silence qu’il y avait. Ibrahim tourna la tête et son visage changea d’aspect. Quelqu’un était entré.

Commenter cet article