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Célibataire, sans enfant (Partie 1)

Publié le par Akhi_Biggii

Joyeux anniversaire mon pote !

Joyeux anniversaire mon pote !

« Joyeux anniversaire mon pote ! Que le seigneur fasse que tu puisses grandir. Au moins 10Cm de plus, c’est quelque chose. On t’attend où tu sais ce soir. Et de grâce, en sortant, dépose ta mauvaise humeur près de la télé. Tu n’en auras pas besoin ce soir. Allez Ciao vieux». Le sourire qui se dessinait sur le visage d’Ibrahim était comme le premier rayon de soleil qui perce les nuages après une tempête. L’une des seules choses positives qu’il avait gardées des premières années de son retour au pays était son amitié avec Roland. Lui et Roland pouvait communiquer à partir de rien. Il se demandait si ses parents pouvaient le comprendre aussi bien que Roland. La sonnerie de son téléphone le tira de ses réflexions. « Et n’oublie pas d’inviter ta cousine qui était passé te voir au bureau le mardi passé là. Tu me dois bien ça vieux » Cette fois-ci, Ibrahim éclata de rire. Il repensait à l’expression du visage de Roland quand il avait vu Samira Demba débarquer dans son bureau. Il est resté là, à ne rien dire pendant 30 minutes. Pour ceux qui ne le connaissent pas, le silence et Roland font deux. Ibrahim resta assis encore une dizaine de minutes avant de se décider à aller prendre une douche et rejoindre ses amis. Ibrahim détestait vraiment le jour de son anniversaire.

Georges Ibrahim avait passé toute son enfance et son cursus scolaire entre l’Europe, l’Amérique et l’Asie. Son père était diplomate et sa mère, écrivain. Il était le seul fils que ses parents avaient depuis la mort de sa sœur jumelle. Il était, par conséquent, le petit chouchou à ses parents. Celui à qui on ne refusait quasiment rien. Ibrahim a eu la vie dont même certains enfants de riches rêvaient parce qu’en plus de la richesse, il avait eu tout l’amour et toute l’attention qu’il lui fallait pour être épanouie. En plus, il avait hérité de l’intelligence de sa mère, ce qui faisait de lui un être assez spécial. Après des études en Turquie, il intégra une grande université américaine où il obtint finalement son diplôme d’ingénieur en bâtiment, à 22 ans. Il décida alors de venir s’installer au pays, ce pays qui était sien mais qu’il n’avait jamais vraiment connu. Ces parents n’étaient pas vraiment ravis à l’idée de savoir que leur fils retournait au pays pour s’y installer parce qu’ils trouvaient que son diplôme ne serait pas exploité à sa juste valeur. Mais quand Ibrahim avait quelque chose en tête, la lui enlever devenait mission impossible.

Dans l’avion qui le ramena au pays, il pensait déjà à comment allait être sa nouvelle vie dans ce pays qu’il ne connaissait qu’à travers les documentaires et les livres de Géographie mais qu’il aimait comme si il y avait grandi. Pendant qu’il feuilletait la revue qu’il avait achetée à l’aéroport, son voisin le fit sursauter

« QUOI ?!! NON MAIS JE RÊVE ! 3 à 0 ! MAIS ILS SE FOUTENT DE QUI ?! MONSIEUR, VOUS VOUS RENDEZ COMPTE ?! DES MILLIARDS QU’ON LEUR DONNE ET EUX TROUVENT LE MOYEN DE NOUS LE FAIRE REGRETTER ! »

Ibrahim le regarda sans rien dire. Il n’appréciait pas beaucoup les gens qui aimaient se faire remarquer.

« Mais ils sont tous nuls dans cette équipe ! Des vendus ! Du président de la fédération aux médecins de l’équipe ! Tous des vendus ! Monsieur ? Vous avez suivi le dernier match ? »

« Le foot c’est pas trop mon truc »

« Vous avez raison ! On devrait tous faire comme vous ! ça nous éviterait des maux d’estomac inutiles »

« Ils ne sont pas aussi nuls que vous le dites. D’après ce que je sais, la majorité de nos attaquants sont dans le classement des meilleurs buteurs dans leurs championnats respectifs »

« C’EST JUSTEMENT POUR CA QUE JE LES TRAITE TOUT LE TEMPS D’IMB… »

La force avec laquelle il retenait ce dernier mot avait fait éclater Ibrahim de rire. La dernière personne, aussi passionné, avec qui il avait discuté était sa chère mère. Et elle avait dit pire

« Excusez-moi monsieur. Ces salopards me mettent dans tous mes états »

« Ne vous en faites pas. J’ai vu pire »

« Mais comment vous faites pour ne pas aimer le foot ? »

« Je sais pas. Ca ne m’a jamais vraiment intéressé »

« Vous n’avez surement pas grandi à Balandja. C’est pas possible »

« En effet, c’est la première fois que je viens »

« Ah d’accord ! Vous venez en touriste alors ? »

« Non je viens pour m’installer »

« Ah mais vous avez fait le bon choix ! Je me présente Yves Roland. Digne fils de Balandja, marié à toutes les célibataires, 2 ou 3 enfants ! Je le saurai à l’atterrissage»

Ils se mirent à rire « Enchanté. Moi c’est Georges Ibrahim. Célibataire, sans enfant »

« Célibataire ?? Aah mon vieux, ca se voit que tu n’as pas grandi à Balandja. Ton sang est trop occidentale l’ami. »

« Je viens de Balandja. Mon sang est bien de Balandja »

« Une goutte de savon liquide dans un seau d’eau ne rend pas l’eau savonneuse l’ami »

« Tu veux parier ? »

Et ils discutaient comme ça tout le long du voyage. On aurait dit qu’ils se connaissaient depuis tout petit.

A l’atterrissage, Roland remis son numéro à Ibrahim et ils promirent se revoir. Ibrahim se hâta de rejoindre sa cousine qui l’attendait. C’est elle qui allait lui servir de guide.

2 ans après son arrivée, Ibrahim ne comprenait toujours pas ce qui avait poussé ses parents à quitter le Balandja. En moins d’un mois, il avait pu s’adapter à la vie balandjienne. N’eut été son teint assez métissé et son accent, Georges Ibrahim avait tout d’un bon Balandjien. Il eut cependant assez de mal à se trouver un travail. Les boîtes dans lesquelles il postulait savaient qu’il était compétent mais elles avaient peur de sa prétention salariale vu les diplômes prestigieux qu’il avait amassé. Son père voulut à maintes reprises lui apporter son aide grâce à ses relations mais il déclina à chaque fois jusqu’à ce qu’il n’ait plus le choix. Il s’étonne encore de voir que dans un pays quasi-développé comme le Balandja, les entreprises préféraient se priver de gens compétents juste à cause du salaire qu’elles devraient leur verser. « Ainsi va l’Afrique ! » avait l’habitude de dire Mr Georges Paul, son père.

Il ne lui fallut que très peu de temps pour gravir les échelons de Balandja Development Corp., une entreprise dont le fondateur est un ami proche de la famille. Hélas, Ibrahim allait découvrir l’une des passions des Balandjiens ; les ragots. Les mauvaises langues soutenaient que cette ascension était due à son nom de famille mais son acharnement et son génie créatif ont vite fait de les faire taire. Et par un pur hasard, lui et Yves Roland, qu’il appelait le consultant s’étaient retrouvé dans la même entreprise. Et dès lors, une grande amitié naquit.

Au volant de sa Range Rover neuve, Ibrahim savait qu’il devrait faire fit de ses humeurs juste le temps de cette soirée. Il jeta un coup d’œil sur la Festina que lui avait offert son père ce matin. Il était en retard d’une heure. Il avait fermé son IPhone juste après le 10ème appel de Roland en seulement 20 minutes. Il se rappela que Samira devait le joindre pour qu’il lui indique l’endroit où allait se dérouler la soirée. Il le ralluma et il se mit à sonner juste après

« Mais qu’est ce que tu fous vieux ? ca fait près d’une heure qu’on t’attend. Je me mettais en route pour aller te chercher »

« Je suis en route, je suis en route. J’ai eu un peu de mal à sortir de chez moi »

« Tu n’as pas intérêt à me refaire le coup de l’an passé. Je n’ai pas envie de passer pour un blaireau devant tout le monde »

« Mais je t’avais dis que je n’avais pas envie de sortir aujourd’hui. Pourquoi tu es aussi têtu ? Crâne dure ! »

« Magne-toi ! J’ai une surprise pour toi en plus »

« Toi et tes surprises foireuses… »

« Et Samira ? »

« Elle va bien. Enfin, je crois »

« Je ne t’ai pas demandé son bilan de santé idiot ! Elle vient ? »

« Tu es chiant, tu sais ça ? Bon, elle m’a dit qu’elle fera de son mieux »

« Je t’aime vieux ! Faut que je te fasse ma demande, c’est abusé »

« Toi, tu as déjà ouvert le Jack »

« Allez, ramène tes 10 cm ici »

30 minutes plus tard, il se gare dans le parking de la résidence où avait lieu la soirée. Il était 23h30. Il rajusta son veston en velours sur son polo Ralph Lauren.

« Bonsoir Mr Georges. On vous attend à l’intérieur »

Il avait croisé sa secrétaire. Elle était surement sortie fumer une cigarette. Ibrahim ne comprenait pas le fait que certaines femmes soient accros à la cigarette. Il ne trouvait déjà pas élégant qu’un homme fume, à plus forte raison une femme. Ibrahim ne comprenait pas beaucoup de choses, et ce fait n’était qu’une goutte à la mer de tout ce qu’il avait du mal à comprendre. Il marcha doucement quand il entendit du bruit derrière lui. Il n’allait pas comprendre les 10 minutes qui allaient suivre. A peine tourna-t-il la tête qu’on lui mit une cagoule et on le souleva. Il se demanda ce qui se passait. Il entendit de la musique et comprit qu’on le porta à l’intérieur. Il cessa de se débattre. On le fit asseoir sur une chaise et on le ligota. Il avait reconnu la main de Jean-Pierre à son odeur ; un fort mélange de cigare et de bourbon. Jean-Pierre était le comptable de l’entreprise. Le genre de mec qu’il faut absolument avoir dans son cercle d’amis pour comprendre que la vie pouvait être injuste parfois. Ibrahim essaya de deviner ce qui se passait autour de lui. La musique s’était arrêter et on entendit plus que des murmures. Une personne prit le micro

« Bonsoir jeune scarabée ! Bienvenue à ton rite d’initiation ! Nous allons voir si toutes ces années passés en Balandja ont eu raison du coté occidentale de la force ! Nous allons soumettre trois choses à ton odorat et la surprise qui t’attends quand on retirera la cagoule dépendra de tes réponses, jeune scarabée. On commence ! Première chose »

Il avait reconnu la voix de Roland malgré tous les efforts que celui-ci avait fait pour ne pas être reconnu. Une forte odeur le tira de ses pensées.

« Alors jeune scarabée ! Tu as 3 minutes pour nous dire ce que c’est »

Ibrahim savait que même une semaine ne suffirait pas pour qu’il sache vraiment ce que c’est.

« A en croire l’odeur, c’est surement une de tes chaussettes sales Roland »

Toute la salle se mit à rire et le mystérieux « micro man » de répondre

« Ah ah on peut dire que le jeune scarabée a de l’humour mais il est primordiale que le jeune scarabée sache que c’est pas l’humour qui a rendu le lion roi de la forêt. Première mauvaise réponse ! Deuxième chose ! »

Ibrahim se concentra cette fois-ci

« Hmm… une odeur d’huile brulée et de farine… légère odeur de crevette… Je dirais que ce sont les beignets de Tantine Sali, au feu de la mairie. Et toc ! »

Tout le monde se mit à applaudir.

« Très bien jeune scarabée. Très bien. A titre de rappel, tu ne m’as toujours pas remboursé mes 100Frcs du mardi passé… Ton score est 1 sur 3. Troisième et dernière chose ! »

La troisième odeur fit éternuer Ibrahim.

« Purée ! Vous voulez tuer mon odorat ce soir ! C’est quoi ce truc (Rires) ?! »

« Tu perds du temps jeune scarabée »

« Bon, bon ! Je ne sais pas ce que c’est mais je peux dire avec certitude que ça vient de la commune d’Obaba. Le quartier de la petite chérie de mon très cher Roland. Je lui ai donné tous les conseils possibles mais il n’écoute rien ! »

Nouvel éclat de rire dans la salle.

« Fais attention jeune scarabée. Un proverbe tibétain dit Grandis de 10Cm d’abord et donne des conseils ensuite. Sinon toi-même tu connais la beauté des gos d’Obaba, donc viens pas faire le malin. Sinon que tu as tout faux. Ton score reste donc 1 sur 3 ! Let’s Go !! »

On lui retira la cagoule et toute la salle leva les mains

« JOYEUX ANNIVERSAIRE TOUPET !! »

« Alors jeune scarabée, voici ta surprise ! »

On tourna sa chaise et on le mit face à un écran géant où il y avait un compte à rebours. Des images de lui en compagnie de certains de ses amis défilaient avec un petit commentaire de chacun d’eux. Certains le faisaient rire, d’autres eurent le don de l’émouvoir, ce qui n’était pas évident, notamment celle de Roland qui avait gardé la photo qu’il avait tenu à faire à leur atterrissage. Après celui de Roland, il eut une petite vidéo des parents d’Ibrahim qui avaient tenu à participer à leur façon à la soirée. La dernière vidéo faillit lui faire avoir une attaque. Il se demandait comment Roland avait fait pour avoir cette vidéo. C’était la vidéo de Zoé Saldana qui lui souhaitait joyeux anniversaire. Zoé Saldana est une actrice américaine et c’est la préférée d’Ibrahim. Tous ceux qui le connaissaient, savaient que sa première fille s’appellerait Zoé.

« Petit scarabée sait maintenant qu’il compte pour tous ceux qui sont présents aujourd’hui. Encore Joyeux anniversaire petit. Voilà ton gâteau ! »

On lui apporta son gigantesque gâteau et on lui défit ses liens. La fête pouvait commencer.

1h plus tard, la piste de danse avait été envahit. La sélection du Deejay ne pouvait laisser aucune hanche indifférente. Ibrahim était assis dans un coin de la maison avec Roland, Jean-Pierre, Samira et Privat ses cousins, Nathalie sa secrétaire et Laurent, un de ses collègues. Ibrahim était surpris de prendre du plaisir. Lui qui pensait qu’il allait encore passé sa soirée d’anniversaire à faire le mort, ce qui était le cas ces 2 dernières années. Il était vraiment reconnaissant vis-à-vis de Roland pour avoir organiser cette soirée. Mais vu la manière dont il se comportait depuis que Samira était là, il ne sait plus si c’est pour lui ou pour sa cousine que Roland avait pensé à cette soirée.

« Bonsoir Ibrahim »

Il se tourna vers cette voix qui lui était familière et dès qu’il vit qui c’était, toute la joie qu’il ressenti s’évapora en un instant.

« Joyeux anniversaire »

Il la regarda sans dire un mot. Il ne sut pas s’il devait lui répondre ou détourner son regard d’elle. Roland, qui avait suivi la scène, s’empressa de rejoindre son ami.

« Hey… Ibrahim, ca va ? Bonsoir… Stéphanie, quelle surprise de te voir ici »

« Mais Roland c’est toi qui … »

Roland lui fit signe de se taire avec un sourire forcé sur le visage. Ibrahim se tourna vers lui et lui lança un regard agacé

« Allez Ibrahim… sois pas comme ca. C’est quand même ta fête d’anniversaire. Je ne pouvais pas empêcher quelqu’un, Stéphanie de surcroit, de venir »

« Ma présence gêne apparemment »

« Un peu que ta présence gêne. Généralement on vient dans les soirées d’anniversaires de ceux à qui on tient. Donc je sais même pas ce que tu fais ici »

« Ibrahim, arrêtes d’être aussi… »

« Roland, tu t’en es assez mêlé pour la journée, tu peux retourner à tes affaires. Ça va, je gère »

« Ok, ok. Je vous laisse les tourtereaux »

Si Ibrahim pouvait, il lui aurait lancé la table à la figure.

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yerim 22/01/2015 19:38

wep le padre est de retour et pas qu'1 peu petit scarabbé tai un chef

zeus 22/01/2015 01:16

orrrr ptit t'as la plume ..... oui t'as la plume . So écris vite et inspire moi

aichou 21/01/2015 11:05

Ehh j'en veux encore c'était tro bien